Arrivée en Birmanie

Nous voilà enfin arrivés à Yangon.
L’aéroport n’est pas très grand. Je remarque qu’il est possible de faire un visa sur place et que du coup ce n’était pas vraiment la peine de se stresser. Juste à côté, une pancarte avec une photo étrange attire nos yeux fatigués. Il s’agit d’une image pour prévenir des effets néfastes de la cigarette ; c’est assez ignoble cette représentation du corps humain avec toutes les maladies liées au tabac…qu’elle belle arrivée !

Nous passons la douane sans trop de difficultés.
Nous devons prendre un taxi pour nous rendre au terminal de bus. Il y a plein de racoleurs qui attendent dehors. Nous trouvons un stand de taxi de l’aéroport et décidons de nous orienter vers celui-ci afin d’éviter toute mauvaise surprise.
Le trajet durera une trentaine de minutes pendant lesquelles nous pouvons apercevoir des petites boutiques, des maisons très simples, et surtout, la pauvreté. J’observe les gens. Les femmes et quelques hommes ont le visage coloré de jaune et presque tous portent des sortes de jupes. Je me demande ce qu’est cette chose qu’ils se badigeonnent sur leur visage. Les jupes sont des ‘’longyis’’ : ce sont des vêtements traditionnels. Hommes et femmes en portent.
Nous arrivons au terminal. Deux dames se tiennent derrière une sortent de comptoir. L’endroit est sombre et peu aéré. Il y a des bancs en métal sur lesquels quelques personnes attentent, dont un touriste (je suppose qu’il s’agit d’un touriste car il est blanc…), juste sous le vieux ventilateur. L’une des deux dames nous donne des autocollants avec le numéro du bus et notre siège.

Nous laissons nos affaires et décidons d’aller explorer les alentours. Il fait très lourd. L’endroit est sale, il y a beaucoup de bruit, de la fumée noire s’échappe des véhicules et nous sommes vite recouvert de poussière. Jusque là je ne suis pas trop étonnée, c’est l’Asie ! Nous ne croisons pas beaucoup de touristes ; les gens nous sourient. Très vite nous nous rendrons compte qu’il faut être très vigilent lorsque l’on traverse les routes. Les voitures ont des volants à droite et roulent à droite, les gens ne mettent pas de clignotant mais claxonnent pour annoncer qu’ils arrivent où qu’ils doublent, ils vont dans tous les sens et foncent.
Le ciel devient sombre et il fait très chaud et humide. Je pensais que nous étions en pleine saison sèche !
Autour du terminal de bus c’est très pauvre et très poussiéreux. Il y a toutes sortes de boutiques. Les gens ont l’air de se demander pourquoi des touristes traînent par ici ; mais ils sont tout de même très sympathiques.
Nous retournons à l’agence de bus…plus que 4h à attendre dans le petit bureau où les mouches viennent tourner autour de nous, attirées par notre bonne odeur de transpiration, et les moustiques goûter un peu de sang européen. L’électricité coupe de temps à autre, ce qui nous permet d’entendre le bruit de la pluie diluvienne dehors.
Là aussi je vois des personnes avec ces marques sur le visage. Je me lance et essaye de savoir à quoi cela correspond. Les personnes ne me comprennent pas tout de suite puis captent enfin de quoi je parle. Nous rigolons. Il s’agit de « thanaka » : c’est de la poudre d’écorce d’un arbre. Les gens appliquent cette poudre mélangée à de l’eau, pour protéger leur peau du soleil, l’entretenir mais également pour se maquiller.

Bus de nuit vers Bagan
Ca y est c’est l’heure ! Je pensais m’écrouler de fatigue mais ça ne sera pas le cas ; je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. J’ai eu l’impression que le chauffeur conduisait une Ferrari sur un circuit.
Les bus ne sont pas mal du tout. Nous avions réservé sur internet un siège « 2+1 ». Cela signifie deux personnes, le couloir, une personne. Donc, plus de place.
Une fois à l’intérieur on nous demande 10400 kyt de plus. Nous n’avons pas trop compris pourquoi, mais nous payons…de vrais touristes !
Le confort y est : de la place pour les fesses et les jambes, sièges inclinables, couvertures propres fournies, petite télé (bon, pas le choix du film, mais c’est quand même sympa). Dès le démarrage, un jeune homme vient nous donner une petite boîte avec un sandwich et un gâteau (ça ne donne pas très envie pour être honnête), et une boisson. Les lumières s’éteignent et c’est parti pour 9h de trajet jusqu’à Nyaung-U, à côté de Bagan.
Le bus d’arrêtera deux ou trois fois pour faire des pauses pipi et manger. Ce sont des sortes d’aires d’autoroutes où tous les bus s’arrêtent. C’est conviviale et les toilettes sont propres. Ouf !

 

Arrivée à Nyaung-U et le Mont Popa
Il est 5h30 du matin, nous arrivons la tête dans le cirage. Quentin a bien dormi. Pas moi, du coup je suis un chouilla susceptible dû à un gros manque de sommeil depuis le départ de France.
Comme souvent dans ce genre d’endroit, des chauffeurs de taxis sont déjà sur place pour offrir leurs services.
La ville est à quelques kilomètres du terminal de bus. Nous décidons de partir en charrette convaincus que cela nous ferait gagner beaucoup d’argent mais au final nous économiserons quelques centimes et perdrons un temps fou ! Mais bon c’était quand même rigolo. La charrette n’est pas très confortable, on essaye de bien se caler pour ne pas tomber sur la route. Nous sommes assis sur une sorte de gros matelas mou. Le cheval prend son temps, son cavalier est tranquille. Le soleil se lève et les gens nous saluent en nous croisant. Des cyclistes rigolent en nous dépassant, tandis que les camionnettes, les scooters et les voitures nous dépassent en nous klaxonnant dix fois avant, pendant et après.

Nous arrivons à l’hôtel au moins une bonne grosse demi-heure plus tard. A peine arrivés le conducteur de la charrette nous propose un van pour aller au Mont Popa à 9h. Nous comptions y aller et il a l’air de nous faire un prix correct. Du coup nous acceptons, surtout qu’étant arrivés super tôt nous pouvons commencer les visites et ne pas perdre de temps sur notre programme.
Le guest house est tenu par une petite dame à lunette vêtue d’un longyi. Au premier abord elle paraît un peu autoritaire et sèche, mais tout de même dynamique et souriante. Je commence à lui poser cinquante questions mais elle me coupera vite la parole me faisant subtilement comprendre qu’ici il faut se détendre et commencer la journée correctement sans se stresser. Elle nous proposera de prendre le petit déjeuner (gratos !!), de se doucher et d’aller aux toilettes ( merci !!!) ; puis nous donnera tous les renseignements que nous souhaitions à peine après avoir divulgué notre identité ! Les gens qui travaillent dans ce guest house sont très gentils et serviables, cela nous fait bien plaisir après tout ce long trajet. Ils sont tous à l’écoute, ils parlent un anglais compréhensible. Les chambres sont propres et le petits déjeuner copieux. Parfait pour commencer un super voyage !
Le chauffeur du van pour le mont Popa arrive. Le trajet durera 1h30. Bon, première grosse déception… ça a l’air super vu d’en bas, ce temple perché en haut d’une colline de lave ; mais en fait tout au long de la montée des 799 marches on a presque peur de devenir épileptiques ! Il y a des salles de prière à droite et à gauche avec des décorations super kitchs ! les bouddhas ont des lumières qui brillent dans tous les sens et des spots colorés nous brûlent la rétine…en gros rien de très épuré…
L’entrée du site est gratuite mais on remarque plusieurs personnes dans chaque salle de prière, et derrière des comptoirs où les gens peuvent y glisser de l’argent. Les gens viennent ici pour prier et sont donc un peu obligés de faire des « dons » ; du coup cela doit leur revenir cher à la fin de la journée !
En retournant vers le van nous visitons un site avec des genres de bouddhas que nous n’avions encore jamais vus : des genre de bouddhas vieux et squelettiques, et d’autres statues avec des airs sévères et pas très accueillants.

 

Bagan Balloon et le tour en montgolfière
Okay, c’est cher mais bon, on ne vit qu’une fois n’est-ce pas ? et est-ce nous reviendrons un jour ici ? peut-être pas, car il y a tant d’autres endroits à visiter dans le monde ! Alors on s’est lancé. Nous avons réservé sur le site internet de Bagan Balloon (pour au final apprendre que c’est la même famille qui gère les autres compagnies).
Le réveil a été un peu difficile, le van venant nous chercher à 5h du matin. En l’attendant dans le hall de l’hôtel on s’aperçoit que les employés dorment sur des transats peu confortables, dans des positions qui me donnent mal à la colonne vertébrale rien que de les regarder. Ils n’ont cependant pas l’air très dérangés par les bruits de certains touristes qui se fichent de ce qui se passe autour d’eux.
Le van arrive, nous ne sommes pas les seuls à s’être laissé tenter par cette aventure. Un jeune birman nous accueille après avoir vérifié nos nom et la compagnie par laquelle nous passons pour faire le tour. La route vers les ballons durera bien 20 minutes le temps de récupérer d’autres touristes dans leur hôtel, tous la tête dans le cirage et silencieux.
Arrivés sur le site, des tables sont organisées pour que nous puissions prendre le petit déjeuner. Incroyable, nous mangeons…des croissants ! nous avons tellement faim (en tout cas moi j’ai faim), que nous ne les trouvons pas mauvais. Il y a deux serveurs par table qui sont aux petits soins pour leurs clients. Un peu plus loin à droite une autre table est organisée avec les pilotes des montgolfières. Lampe frontale allumée, ils ont l’air de préparer leur route avec sérieux.
Je pensais que nous serions déjà dans les airs avant que le soleil ne se lève, mais en fait nous n’avons pris notre envol qu’à l’aube, ce qui me déçu un peu, je dois l’avouer.
Les pilotes répartissent leurs touristes et nous avons droit à un petit debriefing sur les règles de sécurité.
Voir les montgolfières se gonfler et se redresser était impressionnant. Une fois la nôtre prête, nous embarquons dans la nacelle avec notre pilote anglais, Nick, tout content de s’envoyer en l’air avec nous !

Le décollage est rapide, il lui suffit de magner deux petites manettes pour piloter et de jouer avec le gaz et la flamme. Il fait une chaleur à crever par contre, il doit envoyer des flammes à l’intérieur du ballon pour pouvoir monter et descendre, et nous sommes juste en dessous.
Voilà, après quelques secondes, nous y sommes, au-dessus des temples. Le site est impressionnant, tout semble si minuscule. Nous nous régalons de ce spectacle fantastique. Voir les autres montgolfières tout autour rend le spectacle encore plus beau.

Mon cœur bat à cent à l’heure car c’est aujourd’hui que j’ai décidé de demander Quentin en mariage. Je cache ma petite boîte depuis longtemps en espérant qu’il n’ait rien remarqué. Je me lance. Je la lui donne. Il a l’air content mais ne capte pas trop ce dont il s’agit… J’ai l’impression qu’il me prend pour une débile avec mes petits cadeaux. Il galère à l’ouvrir et je pense qu’il lit vite fait tout ce que j’ai écrit. Quand il a ouvert la petite boîte et sourit en voyant les photos il sourit et me fait un bisou. Je lui demande alors, ‘’tu as lu ?’’, il me répond que non (déception mais je m’en doutais en fait), et du coup il s’empresse de relire et comprend enfin…’’est-ce-que tu veux m’épouser ?’’…’’bin oui’’. Je suis contente. Nous profitons émus du reste du voyage.

Le voyage s’achèvera 45 minutes plus tard. Nous atterrissons de l’autre côté de la ville. Une nouvelle table a été préparée pour nous accueillir et pour prendre un autre petit déjeuner avec cette fois-ci des fruits, du gâteau maison (on se rendra compte dans une autre ville que ce n’était pas maison en fait…) et, du champagne (ça c’est cool, du champagne à 8h du mat) !
De retour à l’hôtel, c’est l’heure du petit déjeuner ! on reprend donc un autre petit déjeuner, le troisième de la matinée, avant de faire une grosse sieste (enfin moi seulement).
Après quoi nous décidons de faire la visite des temples principaux. Nous louons un e-bike (scooter électrique). Quentin ayant un peu peur (moi aussi mais je fais semblant de maîtriser…mais il n’est pas dupe) c’est moi qui prend les commandes. Au début ce n’est pas évident, le poids de deux personnes rend le scooter difficile à manier. Mais bon, on y arrive !
Les temples sont magnifiques ; Quentin avait fait une sélection (oui parce que moi j’avais vraiment la grosse flemme de lire tout sur tous les temples) de ceux qu’il ne fallait pas manquer.
Il fait une chaleur étouffante dehors et le sol est brûlant. Nous devons enlever nos chaussures avant de rentrer dans tous les temples et nous sursautons parfois tellement nos pieds ont chaud.
Nous croisons des moines dans certains, du coup cela rend le spectacle encore plus mystique.

Après plusieurs heures de ballade, le scooter commence à perdre un peu d’énergie. On ne s’inquiète pas trop…pour le moment. Quentin voudrait aller voir le coucher du soleil dans une tour. Nous tentons d’y aller. Nous nous trompons de chemin et tombons sur des belges qui nous disent que le temple où nous nous trouvons et un bon endroit pour le voir, et qu’il y aura vite beaucoup de monde. Nous n’avons plus beaucoup de temps mais décidons d’aller dans la tour…mauvaise idée ! Le chemin, que nous pensons être le bon est sableux. Il nous est donc difficile de rouler, d’autant plus que notre scooter va à deux à l’heure… Nous décidons donc de retourner sur nos pas et d’aller voir le coucher de soleil en haut du temple d’où nous venions. Le site été déjà envahi par de nombreux touristes ! nous nous dépêchons de monter et de trouver un endroit où attendre. Il n’y a que des jeunes de notre âge dont beaucoup de francophones. Du coup c’est marrant d’écouter les conversations des gens ; certains sont assez prétentieux. Après 45min d’attente, le soleil commence à se coucher, nous nous attendons à voir un spectacle grandiose avec la vue sur ces temples en face de nous. Et bin non ! un nuage décide de se mettre devant le soleil pile au mauvais moment ! nous n’attendons donc pas la fin et décidons de partir car nous avons peur de conduire la nuit avec le scooter qui commence à nous lâcher…
Nous mettons énormément de temps à « avancer »… Quentin a voulu conduire mais manque de bol il ne peut pas prendre de vitesse. Par moment je marche à côté pour nous faire gagner un peu d’énergie. Notre but est d’arriver au moins jusqu’à la route principale pour pouvoir appeler notre guest house depuis le téléphone de quelqu’un. Enfin arrivés sur la route principale, nous décidons de demander de l’aide car nous pensons ne pas être en mesure d’arriver à l’hôtel. Des marchands de marionnettes très sympathiques veulent bien nous aider et appellent l’hôtel pour nous. Un employé devrait venir nous porter secours très vite… dans 5 minutes. Une demi-heure plus tard, ou 5 minutes birmanes plus tard, le voilà avec un super scooter qu’il nous dit de prendre, lui rentrera à pas de tortue sur le nôtre.

 

Pakokku
Arrivés à l’hôtel, nous devons prendre un mini van pour aller vers Pakokku et y passer la nuit. Nous avons repéré une auberge dans le guide et pensons y aller. Nous nous apprêtons à partir, et disons au revoir et merci à la patronne de l’hôtel mais, elle nous signale qu’elle vient avec nous et qu’elle nous a trouvé un hébergement pour la nuit. Bon c’est cool, nous aimons bien la politique du moindre effort donc on ne bronche pas. Deux de ses employés viennent avec nous également. Nous voilà partis pour Pakokku sous escorte. Le trajet est rapide, il ne durera que 45 minutes. Il fait nuit noire dehors, on ne voit rien. En revanche nous passons sur un pont qui a été construit il y a 6 ans à peine pour faciliter la circulation, gagner du temps, et permettre aux gens de pouvoir rejoindre la ville sans avoir à tout charger sur des embarcations bancales.
Arrivés à Pakokku, la dame nous amène dans un hôtel que son frère lui a conseillé (ça sent la magouille mais on s’en fiche un peu). Elle nous dit que si nous ne sommes pas satisfaits elle nous en trouvera un autre (super sympa de sa part !). Elle nous négocie la chambre pour 30000 kyt. Elle précise bien au manager de l’hôtel que nous voulons nous rendre sur Mindat à la première heure demain matin et qu’il devait nous trouver un moyen de transport. Elle part avec ses collègues, en nous laissant sa carte et en nous disant de ne pas hésiter à la contacter si nous avons besoin.
Nous avons été vraiment surpris par la gentillesse des gens que nous avons pu rencontrer à Bagan. Pourvu que cela dure !

 

Pakokku vers Mindat
Le van vient nous récupérer devant l’hôtel un demi-heure en retard ; il sera complet et nous serons les seuls touristes dedans.
Le manager de l’hôtel semblait un peu gêné pendant l’attente et appela plusieurs fois le chauffeur du van. Il essayait de discuter avec nous, il faut dire que je lui posais des tonnes de questions (pour changer). Il nous baragouinera quelques réponses compréhensibles dans son anglais approximatif.
Nous nous trouvons à l’arrière, pile sur la roue. Nous pensions dormir un peu…et bien non ! le van a des amortisseurs vraiment pourris !!! nous passons notre temps à sauter à chaque creux et chaque bosse. Il nous est donc impossible de fermer l’œil 5 minutes… Il y a au moins un avantage malgré la fatigue : nous pouvons admirer le paysage (même les yeux à moitié fermés).
Nous passons dans Pakokku ; on dirait que c’est une assez grande ville. Il y a plusieurs temples, des marchés et toutes sortes de boutiques.
La route que nous empruntons est très belle. Nous voyons les gens travailler leurs terres sous un soleil de plomb, des buffles tirer des charrettes pour labourer les champs, nous passons dans de petits villages animés puis nous empruntons des routes sinueuses dans la montagne.
Nous ne ferons qu’un seul arrêt pour manger et remettre notre cerveau à l’endroit ! Nous achetons des bananes vertes ( nous pensions que c’était les mêmes que nous avions mangé les autres jours). J’ai très envie de manger du riz, du coup nous nous asseyons dans le restaurant où les autres voyageurs sont assis. La dame à côté de nous se fait servir des tas de plats, on se dit qu’elle doit avoir une faim de loup ! La serveuse prend notre commande ; elle me demande de venir choisir le café. Je la suis et là, elle me dit (on ne comprendra qu’après) de ne pas manger les bananes que nous venons d’acheter car elle ne sont pas bonnes, et de manger les siennes, qui sont jaunes et qu’elle essaye de me mettre dans les mains depuis 5 minutes… Je me retourne vers Quentin pour lui dire mais, à voir sa tête, je comprends vite qu’il les a goûté et qu’en effet, elles ne sont pas bonnes…nous mangeons donc les bananes jaunes de la serveuse qui rigole. Nous sommes les seuls touristes donc un peu leur attraction de la journée.
Je voudrais commander du riz blanc mais je fini par demander du riz avec du poulet. Ce n’est pas un, mais au moins dix plats qui nous sont servis ! nous goûtons tout. La plus part sont bons. Je me rejette sur le bouillon que j’ai le plus aimé et là je me rend compte qu’il y a eu des visiteurs dans le plat et qu’en fait on dirait que c’est un bouillon de fourmis…je ne le termines donc pas…et Quentin non plus.

Nous reprenons la route et nos derrières souffririons encore deux bonnes heures avant d’arriver à destination.
Sur la route nous voyons des personnes qui cassent des cailloux pour pouvoir goudronner la route qui est boueuse. Ils travaillent dans des conditions horribles, sous la poussière et sous une chaleur étouffante.

 

Mindat

Nous arrivons à Mindat vers midi et demi. Nous n’avions pas réservé d’hébergement mais Quentin avait repéré un guest house sur un blog. Nous décidons de nous y rendre, avec un peu de chance nous aurons une chambre pour la nuit.
Les gens dans la rue nous regardent en rigolant : deux blancs chargés comme des mulets, qui ne savent pas trop dans quelle direction aller.
Mindat nous paraît comme ce que nous pourrions qualifier de « village-rue », avec des montagnes verdoyantes tout autour.
Nous arrivons au guest house Se Naing, après avoir demandé à différentes personnes, dont une qui nous a dit comment bien le prononcer. Nous avons de la chance nous pouvons rester deux nuits ! Nous avons une chambre et partageons les toilettes et la douche (une seule pièce). Juste à côté de notre chambre il y a un petit renfoncement où les touristes discutent avec leur futur guide de la journée du lendemain. Ce petit renfoncement est décoré avec…des tableaux et des statues de Jésus. C’est très kitch !

Nous nous promenons dans la ville. Bon, ça ne casse pas trois pattes à un canard… sur le coup je regrette un peu. Puis, nous voyons ce pourquoi nous sommes venus : les femmes au visage tatoué. Il y en a beaucoup. Elles ont toutes plus de la cinquantaine, le gouvernement ayant interdit cette pratique. D’où notre venue dans la montagne Chin. Cela me redonne un peu le sourire. Par contre, niveau photo je n’ose pas demander, j’ai l’impression de leur voler un peu d’elle, et d’être un peu comme dans un zoo. Cela me met très mal à l’aise.

A la fin de notre promenade nous entendons de la musiques. Nous décidons d’aller jeter un œil. De nombreuses personnes sont réunies à l’angle de la rue, les voitures sont arrêtées, et au loin nous voyons des jeunes qui dansent au bruits de sorte de tambours. Ils ont des couteaux qu’il tiennent fermement et semblent faire des figures avec. Nous nous rapprochons, un homme vient vers nous et nous fait un signe comme si quelqu’un dormait. Je n’ai pas réalisé tout de suite qu’il voulait dire que nous assistions à une cérémonie funéraire. En face de moi la veuve pleurait sur le cercueil de son mari, un cercueil en bois. Elle avait le visage tatouée, comme certaines des femmes qui l’accompagnaient dans son chagrin. Les danseurs continuaient à brasser l’air avec leur couteau. Les gens semblait intrigués par notre présence. Ne nous sentions pas à notre place nous décidâmes de retourner au guest house.
La dame qui gère l’hôtel (encore une !) nous appelle un guide pour notre randonnée du lendemain. Elle en connaît un qui est bien moins cher que celui dont la pub est accrochée dans son entrée (ce aui est étrange du coup). Nous le rencontrons peu de temps après dans notre petit salon ‘’made in Jesus’’. Il est jeune et baragouine l’anglais lui aussi. Nous « négocions » une rando dans la montagne pour 30 USD chacun.
Le lendemain nous partons pour plusieurs heures de randonnées dans la montagne Chin avec notre gentil guide, Joseph (pas très birman comme nom…). Il n’est pas très grand, le teint très foncé, vêtu d’un kawé, d’un jean et de sandales. Joseph a appris l’anglais en Inde, et rêve de partir pour Singapour afin d’étudier et de travailler. Il nous expliquera que c’est très difficile pour lui d’obtenir un visa sans avoir d’offre d’emploi. Lui aussi a eu le droit d’avoir à répondre à cinquante questions…
Les montagnes sont magnifiques ; la forêt nous entoure, on entend des insectes et des oiseaux inconnus.

Sur notre route nous rencontrons plein de villageois. Notre guide nous amène dans une maison traditionnelle en bambou. Nous avons la chance de pouvoir discuter avec un vieux monsieur qui nous laisse contempler son lieu de vie. Joseph nous raconte qu’en général toute une famille vit dans la même maison, et que de ce fait il peut arriver que des fils couchent avec leur mère, et des pères avec leur fille. Sur le coup (et même après en fait) on trouve ça un peu irréel et horrible…tu te rends compte si tu couches avec ton père ou ta mère non ? Nous apprenons également que les jeunes filles peuvent commencer à se marier et avoir des enfants vers 14 ans, et que dans ce coin de la Birmanie, les hommes sont considérés comme supérieurs aux femmes, mais que cela commence à changer.

Quelques minutes plus tard une jolie vieille dame au visage tatoué entre dans la maison. Il s’agit de l’une des deux femmes du monsieur. Les hommes ne sont censés n’avoir qu’une seule femme, mais celui-ci semble être un petit veinard. Elle est très sympathique et nous dit que ses tatouages ont été faits pour suivre la tradition dans son village. Nous restons un moment tous ensemble puis elle m’accorde le droit de la prendre en photo, mais elle souhaite porter ses vêtements traditionnels ainsi que ces bijoux. Je suis super contente, je prends de jolies photos. Nous leurs donnons 1000 kyt, ce n’est pas grand-chose au final mais pour eux c’est énorme ; ils ont l’air contents. La visite continue vers une autre famille. Notre guide demande si nous pouvons prendre la mamie à la pipe en photo. Elle accepte, mais elle aussi souhaite se changer.

Un membre de sa famille est très content et souhaite nous montrer sa tenue traditionnelle avec son couteau et son arbalète. Quentin et notre guide s’amusent à porter ces vêtements (surtout le guide parce que Quentin a l’air super coincé dans les vêtements…). Nous rigolons tous ensemble ; la première mamie nous retrouve également pour rigoler. Sur le coup je n’ai pas l’impression qu’ils voient passer beaucoup de touristes en randonnée. Nous passons un bon moment puis repartons marcher. Nous croisons beaucoup d’enfants qui nous sourient, rigolent, nous disent bonjour et au revoir en sautant et criant de joie (‘’tata !!!’’…si seulement ma nièce faisait pareil !). Nous nous arrêtons prendre un café au lait chez une dame très souriante; ses enfants sont tout contents et jouent avec nous. Elle a l’air jeune, et porte son dernier bébé sur le dos. Les deux autres petits ont l’air d’avoir deux ans et son très contents d’avoir un peu d’animation.

La route continue, notre guide discute avec les gens des autres villages pendant que nous observons leur lieu de vie et les paysages. La fin de notre route se fera devant une cascade, puis nous rebrousserons chemin vers Mindat.
Sur le retour nous nous arrêterons dans une école perchée sur une pente, en face de la maison où nous avions pris une collation. Nous entrons dans une classe où une jeune fille, qui semble avoir notre âge, tente d’enseigner l’anglais à un petit groupe d’enfants. Les enfants sont un peu timides, nous essayons de leur parler en anglais. Il y avait trois classes, filles et garçons étaient mélangés. Joseph nous dira sur la route que les professeurs changent chaque jours et qu’en fait ils ne parlent pas vraiment anglais mais essayent d’enseigner quelques phrases aux enfants. Les petits apprennent les fondamentaux des mathématiques, de l’économie etc… Là encore nous passons un bon moment avec les villageois. Le retour sera un peu plus difficile…nous avions oublié que nous aurions à faire un peu de grimpette. Du coup nos jambes tirent un peu sur le retour mais bon, ça nous a fait un peu de sport !

De retour au guest house nous quittons notre guide, et nous le remercions chaleureusement. Nous avons vraiment adoré ce moment passé dans les différents villages et la possibilité de pouvoir interagir avec les gens.
Nous rencontrons un couple de français. Ils ont l’air d’être à la retraite. Nous leur recommandons le restaurants où nous retournons dîner le soir. Ils ont l’air bien sympathique.
Quentin commandera sont riz frit blindé de piment, et moi, des nouilles ! Le couple débarque et nous salue. En partant nous leur souhaitons un bon voyage, mais de fil en aiguille, nous finissons par passer une bonne demi-heure assis à l’heure table à discuter de voyages et d’aventures. Ce fut une très belle rencontre, et avec Quentin nous pension la même chose : que nous serions un couple comme eux, baroudeurs et ouverts d’esprit, plus tard. Nous rentrons au guest house boucler nos sacs et tenter de dormir avant la longue journée qui nous attend le lendemain.
Mindat fût une belle expérience humaine. Nous sommes heureux d’avoir pris le temps de venir et de découvrir ces traditions qui sont en train de disparaître. Je me demande ce qu’il adviendra de cet endroit lorsque les femmes aux visages tatoué auront toutes disparues. Le village semble commencer à comprendre l’enjeu de ce tourisme et propose des tarifs bien élevés pour les hébergements. Ils risquent d’avoir à affronter des difficultés dans le futur en continuant ainsi. Je pense que même s’il n’y a plus de femmes tatoués, le voyage en vaut quand même la peine pour y rencontrer ses gens souriants et les paysages verdoyants des montagnes Chin.

 

En route pour le lac Inle

Cette journée va être longue !
Notre premier van a 30min de retard…jusque-là aucune surprise; nous partirons donc de Mindat à 8h du matin. Nous appréhendons la route…nous croisons les doigts pour ne pas être à l’arrière. Cette fois-ci nous serons chanceux ! Le conducteur à l’air un peu foufou et dispose d’un écran à côté de son siège sur lequel passent de super clip birmans. Ils s’arrête plusieurs fois pour déposer et prendre des gens sur la route. Mais finalement le voyage sera beaucoup moins chaotique qu’à l’aller : moins de rebondissements, un peu moins long, plus confortable.
Nous arrivons à Pakokku, mais pas dans le terminal de bus que nous aurions espéré. Un jeune birman qui ne parle pas anglais, mais connait uniquement les mots clés : bus Bagan-prix, nous propose une couse en moto vers le lieu où nous pourrons prendre un bus, un van ou autre vers Bagan. Nous acceptons pour 2000kyt (qui au final seront par personne). Une fois arrivé devant le petit stand dans une ruelle poussiéreuse, nous nous rendons compte que nous avons oublié le tableau que nous avions acheté à Bagan dans le van. J’essaye d’expliqué au garçon que je voudrais aller le chercher avant que le van ne parte. Je me mets en route avec lui pendant que Quentin garde nos affaires et achète des tickets de bus. Deux minutes après avoir pris la route, il s’arrête devant un magasin ; il a cru que je voulais acheter un sac à main ! Mais heureusement il a vite compris et nous reprenons la route. Deux minutes plus tard il repère le van…mais dans l’autre sens ! nous essayons de nous faufiler entre les camionnettes, les vans et les scooters. Nous réussissions à interpeller le chauffeur et à récupérer le tableau. Encore une fois, nous avons eu de la chance !
Nous devons attendre une heure le van pour Bagan/Nuang U, qui sera en fait une camionnette. En attendant je vais voir si je peux nous trouver à manger. Je me retrouve dans un super marché aux fruits. Je ne vais pas très loin de peur de me perdre. Je ramène quelques fruits et…du gâteau !!! oui, je suis en manque de sucre. Je vais retrouver Quentin qui lit sur son banc en bambou.

La camionnette arrive et nous partons vers Bagan. La route est sympa ; c’est chouette de voir ce que nous avions manqué à l’aller puisque nous avions voyagé de nuit.
On nous dépose dans la rue de l’hôtel où nous avions séjourné. Nous décidons de nous y rendre ; avec un peu de chance nous pourrons prendre un douche et nous brosser les dents. Après quelques minutes de marche chargés de nos gros sacs, en plein cagnard, nous arrivons à l’hôtel et la chef nous accueille avec un grand sourire.

Nous lui demandons si elle peut nous organiser le trajet vers le lac Inle. Bien sûre que oui ! et en plus de cela nous pouvons prendre une douche ! Quel luxe. Nous sommes super contents. Après avoir fait nos petites affaires nous décidons de partir à la recherche de cadeaux et de cartes postales. Nous allons donc faire un tour dans LA rue touristique de Nuang U. Nous trouvons notre bonheur. Nous décidons de nous arrêter prendre un verre dans un bar et nous retournons au guest house, Quentin pompelup…
19h, nous partons vers le bus de nuit. Le bus est super kitch ! Nous avons tout le fond du bus pour nous, du coup avec un peu de chance nous pourrons dormir un peu ! Affaire à suivre…

 

Arrivée au lac Inle (Nyaung Shwe)
Bon, pas vraiment dormi en fait…toujours eu la trouille d’avoir un accident…mais bon l’essentiel c’est que nous soyons arrivés !
Il est 6h passé ; dehors il fait humide et le ciel est gris à Nyaung Shwe. Nous avons un peu peur que le temps reste mauvais. Des racoleurs sont déjà là à attendre les touristes. Pour cette fournée ils sont chanceux, il y n’y a presque que des touristes dont la majorité sont des français. Nous essayons d’éviter deux jeunes qui voulaient s’incruster avec nous et que nous trouvions un peu inintéressants… Quentin montre l’adresse d’un guest house à un des chauffeurs de taxis. Il nous y amène pour quelques kyats.
Nous avons de la chance ils ont de la place et ce n’est pas cher ! Le guest house est sympa et le personnel parle bien anglais.
Comme nous ne pouvons pas avoir de petit déjeuners chez eux nous le prenons dans le petit restaurant en face. Les deux femmes qui le tiennent sont très gentilles. Elles essayent de baragouiner quelques mots en français…je trouve cela un peu dommage. Aujourd’hui nous voulons prendre le temps, se reposer. Le manager du guest house nous recommande un petit village au bord du lac inle accessible à une heure de vélo. Nous décidons d’y aller. Il fait vraiment super chaud. Les paysages sont superbes ; les montagnes bien vertes nous entourent. Les gens nous sourient et nous saluent. Nous croisons énormément de touristes, eux aussi en vélo.
Je n’aime pas vraiment voir tous ces touristes, et voir que les Birmans essayent d’apprendre des mots français pour pouvoir nous amadouer. Je trouve que le lieu perd énormément de charme et cela me déçoit un peu dans un sens.
Nous pédalons une heure en plein cagnard. Deux jeunes en scooter nous indiquent où se trouve le village flottant, espérant nous vendre un tour de bateau.
Nous garons nos vélos. Il y a un pont que nous empruntons. De chaque côté du pont se trouvent des maisons flottantes entourées de verdure. Les gens ne peuvent y accéder qu’en barque. Nous croisons de nombreuses barques à moteurs et des dames qui pagaient avec leur main et leur jambe. Arrivés au bout du pont l’une d’entre elles qui nous avait repéré nous propose une ballade pour 3000 kyt autour du village. Nous acceptons. C’est vraiment joli comme endroit, et paisible. Par moment nous entendons les moteurs des barques, autrement seul le bruit de l’eau et des oiseaux. Le lac reflète parfaitement chaque maison, chaque fleur, chaque chose qui se trouve à sa surface ; c’est beau.

Après avoir bu un coca dans un petit restau flottant nous reprenons la route. Quentin souhaite aller voir une pagode dans la montagne. Il fait trop chaud, j’ai vraiment la flemme. On y va quand même. On souffre, il faut grimper. N’étant pas des fous du guidon, nous marchons à côté de nos vélos.
Sur notre chemin nous croisons plusieurs personnes, toutes souriantes et polies. Il y a également une jolie pagode aux sommets dorés. La route semble longue tellement la montée est difficile. Nous arrivons à une intersection avec un panneau indiquant qu’il y a un monastère. Quentin avait lu que nous devrions avoir une jolie vue sur le lac. Nous décidons d’y aller car nous pensions que la pagode n’offrirait qu’une vue sur la forêt.
Le monastère est joli. Nous croisons beaucoup de moines, la plus part sont des enfants. Nous finissons par tomber sur la pagode que nous pensions dans la forêt. La vue du lac n’est pas si spectaculaire que ce le guide disait à cause de la végétation. Mais nous sommes tout de même contents d’avoir pu flâner dans un monastère.
Nous repartons vers l’hôtel. Le retour fut plus rapide que l’aller ! Après avoir donné tout notre linge sale à laver dans une petite boutique, nous décidons de nous promener dans la ville. Nous respirons la poussière à cause des véhicules. Il y a quelques boutiques et beaucoup d’hôtels et de restaurants. Nous croisons énormément de touristes dont les trois quart sont des français.
Nous finissons par trouver le marché où nous souhaitions aller. C’est un marché avec des petits stands à droite à gauche pour manger des grillades de poissons et de viandes. Au milieu il y a quelques stands de souvenirs. C’est super sympa. Nous décidons de manger là, et nous avons bien fait car c’était très bon.
La journée s’achève avec un gros bol de popcorn vendus par un petit monsieur à côté de notre hôtel.

 

Lac Inle
Le réveil est un peu dur ce matin car nous avons été surpris en pleine nuit par de la musique. C’est le nouvel an ce soir !
Après un bon petit déjeuner, notre guide pour la journée nous retrouve à l’hôtel pour nous conduire à son bateau. Il s’agit d’une longue barque en bois avec un moteur.
Nous embarquons et nous voilà partis pour une super journée.
Le temps est couvert pendant une ou deux heures puis le soleil nous brûlera la peau tout le reste de la journée.
Nous traversons plusieurs petits villages flottants. Nous nous arrêterons dans chacun, pour y voir des marchés, des pagodes et des fabriques de cigares, d’argent ou encore de tissus de lotus.
Nous croiserons de nombreux pêcheurs sur notre route. Notre guide est super sympa et s’arrange toujours pour que je puisse faire de jolies photos. Les pêcheurs ne sont pas bêtes, ils jouent le grand jeu avec leur filet en se tenant en équilibre sur le bout de leur embarcation car ils savent très bien que des touristes généreux leur donneront un petit billet (j’en fais partie…).

Après cette belle journée nous décidons de retourner dîner au marché à côté de l’hôtel histoire de voir un peu ce qui se trame pour le nouvel an. Il y a beaucoup de monde, mais nous réussissons à retourner au stand de la veille. Il y a une scène sur laquelle des danseurs et musiciens des villages alentours se donnent en spectacle. Nous croisons des jeunes vêtus de leurs habits traditionnels, ce qui colore le marché et rend l’atmosphère encore plus gaie.
Le lendemain matin nous entamons une seconde longue journée sur le lac en direction, de Samkare.
Les paysages sont différents, on voit beaucoup plus les montagnes et on ne croise que quelques villages flottants. J’y ai pris de nouvelles photos de pêcheurs pour agrandir ma collection…
Sur le chemin il y a beaucoup de plantes aquatiques et de nénuphars ; c’est très joli, cela donne une ambiance un peu plus sauvage au lac. A mi-chemin notre guide nous dit qu’il y a un soucis sur la route, qu’elle serait bloquée et que nous ne pourrions peut être pas nous rendre à Samkare. Nous sommes un peu déçus, mais ne perdons pas espoir. Nous remarquons que les bateaux ne peuvent pas circuler car il y a de nombreuses plantes aquatiques qui bloquent le chemin sous un pont. Des pêcheurs tentent de les dégager du passage pendant que des touristes les regardent du haut du pont. Nous décidons d’aller boire un coup en attendant, nous disant que ça serait vite dégagé. Il y a une petite buvette avec quelques birmans, nous nous asseyons là pour patienter. Une trentaine de minutes plus tard les bateaux commencent à recirculer ; nous nous redirigeons vers le nôtre et reprenons la route tout contents.
La route est toujours aussi belle. Nous nous arrêterons devant une magnifique pagode avec de nombreuses stupas pointues. Une bonne heure plus tard nous arriverons à Samkare. C’est bien plus petit que ce que nous imaginions mais c’est magnifique ! Les stupas sont en partie immergées dans le lac qui laisse paraître une parfaite réflexion. Nous nous promenons un peu ; il y a également un monastère. Nous terminerons la visite au restaurant juste en face des stupas où le curry birman était délicieux.

Le chemin du retour sera tout aussi joli. Nous nous arrêterons tout d’abord dans une petite maison où la famille vend des poteries. La dame nous fait une démonstration et Quentin se sent obligé d’acheter une petite babiole. Nous verrons ensuite une distillerie de whisky. C’était très intéressant de voir comment ils fabriquent le whisky à partir du riz. Quentin n’a cependant pas été très convaincu par la qualité de la boisson.
La route du retour paraîtra un peu plus longue car nous ne ferons plus d’arrêts, ce qui nous permettra de nous reposer un peu.

 

Destination Loikaw et les « femmes girafes»
Le réveil fut un peu brutal. Je n’ai pas suffisamment récupéré mon manque de sommeil des jours passés ; mais j’ai tout de même pu dormir cette nuit. Le taxi est venu nous récupérer pile à l’heure pour nous amener à l’arrêt de bus situé à 20min de l’hôtel. Le manager de l’hôtel nous avait écrit sur un bout de papier le nom de la personne, une femme encore, en charge de la petite entreprise.
La petite boutique se situe en plein milieu d’un carrefour animé. S’y mêlent les bruits des scooters, des camions, des vans, des gens qui refont la route, des passants, et des sifflets du policier qui tente tant bien que mal de faire la circulation.
La petite dame nous prêtera peu d’attention. Si bien qu’une heure et demi après notre arrivée nous ne pourrons pas monter dans le van avec l’autre couple de jeunes touristes car nous n’avions pas de ticket. Nous attendrons le prochain. Elle a les allures d’une vraie business woman : petite taille, lunette noires rondes sur son petit nez, peu souriante et un peu pet sec. Derrière son petit bureau vert en bois elle accueille ses clients et répond à deux téléphones, qui ne cessent de sonner.
Elle s’excusera de son erreur, de ne pas nous avoir considéré plus que cela et nous dit, après que nous l’ayons payé les 20000 kyt que nous monterons dans le prochain van, soit disant…maintenant. Mais nous nous préparons mentalement à une nouvelle longue attente. Affaire à suivre !
C’est bien plus d’une heure après que le van arrive. Il est prévu pour accueillir quinze personnes mais le chauffeur réussira à ajouter quelques personnes en plus, ce qui diminuera quelque peu le confort !
La route qui mène à Loikaw est magnifique ! Nous traversons plusieurs petits villages dans lesquels nous pouvons voir des femmes vêtues différemment. Il semblerait que dans ce coin-là du pays elles portent un foulard orange et noir en guise de coiffe. A chaque arrêt du van pour récupérer des passager dans les villages, de nombreuses femmes se ruent autour du van pour vendre des chips, des fruits, des cannes à sucre et d’autres aliments aux passagers. C’est assez marrant à voir. Certains se laisseront tenter, si bien que le van deviendra de moins en moins spacieux.
La route est sinueuse et parfois incertaine mais le chauffeur a l’air de bien maîtriser son véhicule. Nous verrons de nombreux paysans cultiver leurs champs, récolter le riz, ainsi que de nombreuses personnes casser des pierres et goudronner des parcelles de route. Nous verrons également les montagnes, qui sont très belles et verdoyantes.
Le voyage durera 6 heures. Nous serons les derniers passagers à être déposés. Le van s’arrête récupérer une jeune fille au dépôt de bus puis nous conduira à l’hôtel que Quentin avait repérer sur le guide.
Arrivés à l’hôtel, la jeune fille qui est montée dans notre van m’accompagne voir si nous pouvons avoir une chambre pour la nuit. Elle est petite, très fine, avec de petites lunettes noires, assez mignonne. Le manager de l’hôtel, qui lui ne sourit pas du tout et n’est pas vraiment agréable, nous dit que c’est bon pour ce soir mais qu’il ne lui reste qu’une seule chambre avec douche et toilettes communes. Nous acceptons car pas trop le choix et surtout parce que c’est vraiment pas cher. Je demande à la jeune fille si elle peut lui demander si c’est possible de nous organiser un tour pour voir les femmes girafes. Il a l’air de s’en ficher. La jeune fille me dit alors qu’elle peut s’en charger et être notre guide, si nous souhaitons un guide. Les tarifs qu’elle me propose sont corrects. Du coup nous lui donnons rendez-vous le lendemain matin.
Après avoir déposé nos affaires nous décidons de faire un tour dans la ville pour trouver à manger. L’hôtel est super glauque et pas très propre du coup nous pensons changer d’endroit les autres nuits.
Sur la route vers la rue principale nous tombons sur un temple bouddhiste perché en haut d’une petite montagne dans la ville. C’est super joli ; nous pensons nous y rendre le lendemain.

La nuit tombe, nous ne voyons pas grand-chose et les gens roulent comme des fous. Après plusieurs minutes de marche nous arrivons dans l’axe principal de la ville. Il y a quelques petits restaux et plein de magasins de vêtements. Rien de très excitant. Le guide parlait d’un restau super bien où nous pourrions déguster le meilleur curry de la ville…hum…une fois devant le plat nous avons regretté ce choix. C’était gras et tous les petits plats d’accompagnement étaient pour moi trop piquants. J’ai seulement pu manger le riz.
Nous rentrons à pied tranquillement dans le noir et essayons de dormir un peu.

 

Loikaw
La jeune fille arrive avec son chauffeur pile à l’heure : il est 7h du matin. Nous sommes enthousiastes, même si le ciel est très couvert. Elle ne parle pas très bien l’anglais mais c’est déjà chouette d’avoir pu trouver quelqu’un car, comme cet Etat n’a que récemment ouvert, peu de touristes s’y rendent et il n’y a pas grand-chose de prévu pour les aider.
Elle nous dit qu’il y a des lacs à voir et une grotte. Nous sommes contents de tout voir et avons la journée.
Première étape, ce qu’elle appellera le lac aux parapluie. Bon…c’était un peu naze : un réservoir d’eau avec des nénuphars… on a fait semblant de trouver cela génial.
Seconde étape : les lacs. Il y a sept lacs dans la forêt mais deux sont accessibles avec la voiture…encore une déception. Là encore rien de foufou. Je les ai quand même trouvé jolis, il y avait de la brume et du coup les arbres se reflétaient à la perfection. Cela donnait une atmosphère un peu mystique au lieu. Quentin n’a pas trouvé cela joli (il me l’avouera le lendemain…quel menteur !).

Nous espérions que la troisième étape serait d’aller au village de Panpet. Malheureusement, le chauffeur du taxi appela plusieurs personnes qui lui confirmèrent que c’était impossible à moins de n’avoir un visa spécial ! Grosse déception ! Nous nous sommes déplacés spécialement pour y aller. Il aurait fallu que nous allions demander une autorisation à Loikaw, et trois jours plus tard nous aurions eu les documents pour entrer dans le village. Cela nous a paru étrange car dans les blogs que nous avions lu, les gens ne parlaient jamais de cela. Mais la jeune fille nous a confirmé que c’était le cas maintenant et qu’elle été déjà allée là-bas sans ce visa. C’est donc une chose à vérifier pour les futurs voyageurs. Le chauffeur nous dit que nous verrons quand mêmes des femmes girafe. Nous faisons semblant d’être contents mais au fond de nous nous sommes vraiment très déçus.
Près d’un autre lac (artificiel), quelques femmes vendent des longyis et des échapes. Nous nous approchons et ils se trouvent que ce sont des femmes girafes. Grâce à la guide nous essayons de communiquer un peu. Je leur achète un longyi pour offrir et je leur demande si je peux les prendre en photo. A ma grande surprise elles acceptent sans rien demander en échange ! du coup je suis vraiment enchantée d’autant plus qu’avec le lac et les montagne en arrière-plan c’est très joli.
Nous partons vers une rue dans laquelle se trouve deux petites « boutiques » tenues également par des femmes girafes. Là encore elles sont très gentilles et se laissent prendre en photo sans rien demander…bon nous dépenserons quand même pas mal de sous dans des souvenirs… L’une d’entre elle souhaite que je m’habille avec leurs vêtements traditionnels. C’est assez marrant. Il y a des colliers sur une table, ils sont vraiment lourds. C’est impressionnant de pouvoir tenir dans ses mains ce qu’elles doivent porter toute leur vie autour du cou.

Quatrième étape, la Paya Taung Kwe qui trône au-dessus d’une montagne. La vue d’en haut est jolie et nous permet de voir ce qu’il y a autour de Loikaw. Le temple est en partie creusé dans la roche ; c’est assez original.
Après cette agréable rencontre nous partons pour nous cinquième étape : le grotte aux esprits. Après nous avoir demandé confirmation que nous n’ayons pas la frousse des esprits, nous nous dirigeons vers cette grotte. Elle se trouve dans la montagne, la route est très jolie. Pour y accéder nous devons faire un peu de sport, elle est haut perchée. Nous y allons tous les quatre et seront bien essoufflés et transpirants une fois en haut. Il y a un des moines et un temple en haut, nous sommes tellement habitués à en voir partout que cela ne nous surprendra pas. C’est équipés de lampes torches que nous partons explorer cette grotte. C’est sympa ; nous avançons pieds nus dans le noir, croisons des chauves-souris, manquons de tomber sur le sol humide et argileux, puis, après plusieurs mètres tombons sur des sortes de cercueils. Le chauffeur explique que ceux en forme de pyramide contenaient des rois. Si nous avons bien compris, il y a des années de cela, des personnes venaient se faire « enterrer » dans cette grotte ou brûler, d’où peut-être ce nom de grotte aux esprits.
La dernière étape sera un espèce de petit parc avec des reconstitutions des monuments phares de Loikaw. C’est mignonet mais sans grand intérêt.
Ayant perdu espoir de pouvoir aller dans des villages, nous décidons de quitter Loikaw le jour-même. La guide et le chauffeur passent quelques coups de fils et nous disent qu’il y a un bus qui part à 2h30 l’après-midi. La fin de la visite s’achèvera donc au terminal du bus. Nous remercions la jeune fille et attendons le départ. Il fait vraiment très chaud. Nous essayons de nous préparer psychologiquement aux 19h de bus vers Yangon qui nous attendent.
C’est l’heure. Nous avons de bonnes places, nous pouvons étendre nos jambes ! Cette fois j’ai pu dormir. Le bus s’est arrêté plusieurs fois pour prendre des passagers, et faire des pauses pipi. Le trajet sera moins long que prévu : 15h ; et ne sera pas si terrible.

 

Yangon
Il est 5h30 du matin lorsque nous arrivons à Yangon. J’ai dû mal à me réveiller, je suis épuisée. Nous avons dû faire 21h de van et de bus en seulement 48h.
A peine sortis du bus que les racoleurs sont là à nous demander où est notre hôtel. Arrivant deux jours en avance par rapport à notre programme…nous n’avions rien prévu. Du coup nous décidons de nous rendre à celui que nous avions réservé pour les deux dernières nuits.
Arrivés à l’hôtel, qui se situe dans une petite rue, nous surprenons le jeune homme à la réception en train de terminer sa nuit sur un transat devant l’ordinateur. Nous sommes gênés de devoir le réveiller… Nous avons de la chance nous pouvons y séjourner les quatre nuits ! Mais, la chambre n’étant pas prête, nous ne pouvons pas faire le check in. Quentin nous prépare un petit programme pendant que je m’endors à moitié sur une chaise. Je suis épuisée.
Nous décidons de prendre le train circulaire pour nous rendre dans le sud de la ville pour petit déjeuner et commencer les visites. Pour être honnête je n’ai aucune motivation et j’aurais préféré me trouver ailleurs qu’à Yangon. Mais la vie étant ainsi faite, nous partons vers la station du train. Nous empruntons des rues dégoûtantes où les odeurs de saleté se mélangent aux odeurs de nourriture et de parfums de fleurs et de fruits des vendeurs. Les gens prennent leur petit déjeuner dans la rue dans des bouisbouis. La plus part mangent des riz frits ou des vermicelles. Les bâtiments sont insalubres, je me demande comment des gens peuvent y loger dedans, c’est assez triste.

 

Nous arrivons à la station de train. Lorsqu’il arrive les gens se précipitent ; il est bondé. Normal, nous prenons le même que celui des travailleurs ! J’ai du mal à respirer. Les gens sentent la transpiration et peu d’air circule. Je ne me sens pas bien. J’ai hâte que nous arrivions à destination.
Huit arrêts de souffrance plus tard, toujours avec zéro énergie, nous continuons notre route vers un endroit repéré par Quentin pour prendre le petit déjeuner. Nous ne trouverons jamais cet endroit. J’ai envie de rien, je suis grincheuse. Nous allons dans le premier endroit que nous croisons, Quentin prendra un plat de bœuf mariné avec du riz épicé, pendant que je m’endormirai sur la table. Nous rentrerons à l’hôtel juste après, Quentin ayant eu pitié de moi.
Après nous être reposé un peu, nous repartons en vadrouille. Je ne suis vraiment pas emballée par cette ville, elle me dégoûte et je la trouve sans charme. Nous prenons un taxi pour aller grignoter dans un café un peu cher ,mais il permet aux femmes qui y travaillent d’avoir le double du salaire mensuel, ce qui est énorme. C’est surtout destiné aux expatriés et aux touristes. En sortant, la pluie se met à tomber vraiment fort et ne s’arrêtera pas avant un moment. Nous longeons le lac; il n’est pas joli. Nous continuons notre route sous la pluie et finirons trempés. Nous cherchons un restaurant tenu par un français qui permet à des jeunes d’apprendre les métiers de l’hôtellerie. Nous souhaiterions y dîner un soir avant le départ. Après une bonne heure de marche sous la pluie diluvienne, nous finiront par le trouver. L’endroit semble charmant, mais nous réservons juste une table pour le samedi pour nous permettre de découvrir le lieu en temps voulu.
Nous reprenons la route. Le ciel est vraiment contre nous, nous sommes trempés jusqu’aux os ! Il y a une pizzéria au coin de la rue qui a l’air de faire des pizzas au feu de bois. Nous décidons de nous y arrêter. Nous n’avons pas faim mais nous nous laissons tenter, en plus il y a internet ! Cette pizzeria a l’air un peu chicos, les prix sont proches des prix français mais elles sont vraiment très bonnes. On dirait que seuls les touristes européens et asiatiques viennent y manger. Deux pizzas englouties et quelques what’s app plus tard nous partons et tentons de trouver un taxi pour le retour. C’est difficile dans le noir et les gens ne comprennent pas trop où nous voulons aller, du coup ils ne cherchent pas trop et nous laissent tomber. Mais, dans la pizzéria j’ai eu une révélation ! j’ai téléchargé la carte off line de Yangon. Je la montre à un chauffeur et lui explique où nous sommes et où nous voulons aller. C’est vraiment surprenant de voir des gens qui découvrent les GPS… Nous finiront par rentrer, demain semble être un longue journée. Quentin m’a prévenu, nous allons marcher !
Le lendemain je me lève de meilleure humeur. J’ai pu dormi ! Nous allons visiter le sud de la ville, qui a l’air assez énorme, et prendre le train circulaire. Les rues me semblent moins dégoûtantes que la veille, je remarque plein de choses que je n’avais pas vu la veille. Des façades aux couleurs délavées mais avec un certain cachet, des marchés, des couleurs, et d’autres odeurs. Je suis vraiment de meilleure humeur !

Nous arrivons à la station. Je regarde les gens. Nous sommes les seuls touristes. Les gens traversent la voie sans crainte. Ils y a des gens bien habillés qui nous sourient, des moines, un vieillard qui galère à changer de voie mais que personne ne semble vouloir aider ; il se réconfortera avec un cigare en attendant son train.

Le train arrive, et cette fois il n’est pas bondé. Je m’assoie quelques minutes sur les marches pour avoir l’air frais sur le visage puis je prend place sur une banquette. Il y a des gens qui viennent vendre des fruits et du tabac. Certains se laisseront tenter.

Après huit stations nous arrivons au marché Aung Sung. Ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais : en fait c’est un marché couvert très bien entretenu. Il y a beaucoup de vendeurs de bijoux. Il y a beaucoup de pierres précieuses ici et du coup c’est un peu la chose à ramener du marché. Mais ça ressemble beaucoup trop à un attrape touriste et tout est hors de prix ; on ne sait pas ce qui est vrai ou non. Cela nous soûle un peu, on décide de partir.
Il y a un marché à la 26eme rue. Nous l’avons repéré dans un blog. Nous décidons de nous y rendre par curiosité. C’est un marché d’alimentation. Les gens se bousculent, crient dans tous les sens. Il y a des fruits, des légumes, du poisson frais, du poisson séché. C’est très coloré et très parfumé. Nous le remontons jusqu’à la fin.

Nous continuons les visites. Nous visiterons des temples, des bâtiments et traverserons toutes sortes de ruelles dont les immeubles seront délabrés avec des restes et des mélanges de couleurs. Nous avons pu trouver des endroits vraiment sympas sur la route et cachés, dont des boutiques et des cafés.
Le midi nous souhaitons déjeuner dans un restaurant japonais du guide mais nous ne le trouverons jamais. Nous en trouverons un autre. Nous avons hésité à y entrer puis finalement nous n’avons pas été déçu ; c’était succulent ! Le soir nous mangerons dans une bâtisse en bois centenaire et rénovée. L’endroit est très beau mais extrêmement bruyant à cause des riches touristes asiatiques.
Finalement la journée n’a pas été si terrible, j’ai même pris beaucoup de plaisir à flâner dans les ruelles.

 

Bago

Le lendemain, nous décidons de nous rendre à Bago, petite ville pleine de temples, à deux heures de bus de Yangon. Quentin n’a pas cédé à mes caprices de se lever plus tard. Nous partirons donc vers huit heures de l’hôtel. Après avoir négocié un taxi 4000 kyt nous prenons la route pour une station de bus inconnue. Nous pensions que la route serait rapide mais nous passerons une heure dans le taxi !
A peine sortis du taxi, un birman vêtu d’un longyi foncé et d’une chemise blanche nous crie ‘’Bago Bago !’’. Du coup en moins de deux nous sommes dans le petit bus rouge. D’autres personnes entrerons. Nous ne savons pas quand il part, nous gardons patience. Le bus démarre, puis s’arrête quelques mètres plus loin. Attente. Nous repartirons quelques minutes plus tard. Ce petit jeu durera une trentaine de minute. Le bus s’arrêtera plusieurs fois sur la route pour prendre des gens à des endroits improbables et pour en laisser sortir. Dans les villes que nous traverserons des vendeurs entrerons dans le bus pour nous vendre des fruits et des aliments frits.
Le birman nous demande où nous allons, mais nous ne savons pas. Quentin avait repéré un hôtel où nous pourrions louer des vélos. Le chauffeur ne comprend rien et ne sait pas où cela se trouve. Nous descendrons en pleine rue, dans un endroit animé. Nous n’aurons même pas eu besoin de chercher qu’un homme viendra nous proposer des vélos et des scooters. Il fait une chaleur étouffante. Je propose à Quentin de louer un scooter plutôt qu’un vélo. Les rues sont bondées de gens qui conduisent des motos, des vans, des camionnettes, des voitures et des bus, comme des tarés… pas très rassurant tout ça ! Je vais avec le type faire des essais de scooter dans la rue à côté, plus calme, pendant que Quentin reste discuter avec les filles sur un banc. Le monsieur nous fait des photocopies d’un plan approximatif de la ville, c’est très sympa. Je repasse prendre Quentin et nous partons.
Il a y plein de temples de de bouddhas géants à voir.

Nous essayons de nous y retrouver sur la carte. On se débrouille pas trop mal au début. Conduire le scooter ici est une vraie expérience ! c’est stressant mais comme j’adore ça je fonce ! Nous trouverons sur la route un temple laissé à l’abandon, pas décrit dans le guide. C’est bien dommage car c’est de loin le plus beau que j’ai pu voir. Bon tout est relatif…il était vraiment laissé à l’abandon et squatté par des gens. Mais il y a avait une atmosphère particulière et on pouvait deviner les couleurs sur les murs. Je trouvais cala très beau, on a bien dû y rester une demi-heure à faire des photos.

Nous reprenons la route mais nous nous perdons, et il commence à y avoir trop de circulation. Nous décidons de faire le plein et de repartir vers Yangon. Nous rendons le scooter et remontons un peu la rue. Nous ne savons pas quel bus prendre mais nous avons compris qu’en restant immobiles au bord de la route tous les bus s’arrêterai pour nous demander de monter. Cinq minutes plus tard, notre bus arrive. Nous prenons des places juste derrière le chauffeur pour éviter les odeurs des gens. Ces places ne sont pas du tout confortables.
De retour sur Yangon nous décidons de prendre le train circulaire pour aller en ville manger dans un restau indien. Personne n’est capable de nous dire comment nous y rendre, du coup nous utiliserons notre google maps magique et irons à pied. Enfin arrivés, les gens ne comprennent pas à quel arrêt nous voulons aller. Quatre personnes essayerons de comprendre. L’un deux nous baragouinera la plateforme : la numéro 3. Okay…sauf que les chiffres sont écrits en birman… Nous traversons les voies et demandons à des jeunes, nous sommes sur la bonne, mais le train n’arrivera que dans une heure. Pas de soucis ! grâce à la technologie nous regardons un épisode de Sherlock sur mon téléphone. Dix minutes plus tard, la station est plongée dans le noir total. Grosse coupure de courant. La gare est éclairée avec les téléphones portables des gens.

Des trains passent et donnent un peu de lumière. Certains vendeurs s’éclairent avec des bougies. On a l’impression d’être dans un gros squat c’est rigolo. Un épisode de Sherlock plus tard notre train arrive, à l’heure ! Il est presque vide. Même scénario : des gens affalés sur les banquettes, des vendeurs ambulants, des gens qui regardent leur téléphone. Nous avons environ 14 stations mais manque de bol, toutes ne sont pas écrites en anglais. Nous ne descendrons qu’une heure plus tard, à la bonne.
Le restaurant est grand, les gens portent des charlottes sur leur cheveux. L’endroit est propre. Nous devons commander et payer avant d’aller nous assoir. Il y a une bonne odeur de biryani. Les plats ont l’air super bons ; ils sont super bons !
Le ventre bien rempli nous interpellons un taxi. Là aussi, merci google maps. Ce chauffeur de taxi parle bien l’anglais du coup j’en profite pour lui poser des tas de questions. Je le remercie en premier de m’appeler ‘’Madam’’ parce que tous les autres chauffeurs, ainsi que les gens dans la rue, m’appelleront ‘’Sir’’, ce qui me laisser douter de ma féminité… Il rigole et nous dit que les gens ne parlent pas anglais parce que cela ne les intéresse pas et que depuis que l’armée est au pouvoir le système éducatif est médiocre ; que cela est bien dommage d’autant plus que le pays est en train de s’ouvrir et que de nombreux touristes vont débarquer. Il nous dira que les gens ne peuvent pas visiter leur pays parce que c’est bien trop cher pour eux, et qu’aller en Thaïlande leur revient moins cher ! Nous apprendrons que les gens crachent sans arrêt à cause des feuilles de bananier fourrées au tabac et aux épices qu’ils mâchent ; que la Birmanie c’est moins cher qu’avant et que les gens sont contents de voir des touristes, qu’il y a des gens qui sont vraiment très riches et qu’ils aiment le montrer en achetant de très grosses voitures, et que les gens, comme chez nous, étaient obsédés par les téléphones portables et par le fait de devoir avoir le dernier des derniers. Je lui demande depuis quand ils ont internet, il me dit qu’ils n’ont le wifi que depuis deux ans et que l’internet n’est pas encore au top de sa forme, mais qu’ils y arriveront un jour. Je lui dit que bientôt il devrait avoir un GPS dans sa voiture et que ça lui changera la vie !
Après cette belle rencontre nous arrivons à l’hôtel.

 

Dernier jour de vacances
Après une loooongue grasse matinée et quelques heures de glandouille, nous sortons. Nous avons la grosse pagode à voir !
Nous nous baladons tranquillement dans des temples pour voir des bouddhas dans tous les sens, de toutes les formes et de toutes les couleurs.

En allant vers la fameuse pagode, la Shwedagon Pagoda, nous traversons un grand marché où nous voyons des gens mouler et peindre des statues de bouddhas.
Le site pour la pagode est immense. Pour y accéder nous devons emprunter plusieurs escaliers. Le toit des hall est en bois précieux sculpté, c’est très joli. En le regardant nous oublions presque que nous sommes dégoulinants de sueur…
Arrivés en haut, des centaines de touristes se promènent devant des stupas dorées, blanches, boisées. La pagode domine le site en son centre. C’est très joli bien que la plupart des stupas sont en rénovation. Nous fanerons doucement tout autour et apprécierons le lieu, puis nous attendrons le coucher de soleil sensé venir rougir la pagode.

 

Le soir nous dînons dans ce fameux restaurant crée par un chef français. Le restaurant se trouve dans une très belle maison décorée avec goût. Les jeunes apprentis sont très gentils et on voit bien qu’ils font de leur mieux. Sur la carte est inscrit qu’ils ont sélectionné des jeunes qui viennent de milieu très pauvres pour pouvoir leur donner une chance dans la vie. Nous aimons cette idée de pouvoir les aider. Le repas est bon et raffiné.
Nous rentrons sans trop de difficultés à notre hôtel pour ranger nos affaires et boucler nos sac, car demain c’est le retour.

 

Bilan
Le Myanmar est un pays qui vaut vraiment la peine d’être visité. Nous avons fait de très belles rencontres tout au long de notre voyage et surtout, nous avons pu voir ce qu’était de voyager en faisant tout, ou presque, à la dernière minute. Je pense que c’était une excellente préparation pour notre tour du monde !
Nous avons vu des endroits encore méconnus des touristes et nous sommes très heureux d’avoir pu aller à la rencontre de certaines minorités des montagnes. Pour moi, mon meilleur souvenir restera Mindat et ses femmes aux visages tatoués. Les gens souriaient de tous les côtés, les enfants nous couraient après et nous saluaient jusqu’à ce que nous disparaissions de leur champ de vision, et toute cette intrigante culture autour du tatouage m’a donné envie de revenir explorer cet état perdu dans les montagnes.
On a pu voir que de plus en plus de touristes s’intéressent à ce pays, surtout des français. Au lac Inle j’ai été un peu choqué par la mentalité des locaux : vouloir à tout prix séduire les touristes. Je trouve que le lieu perdait un peu de son charme.
Nous espérons revenir un jour pour visiter le nord et le sud du pays qui ne sont pas encore touristiques. Mais je pense que vu la vitesse à laquelle le pays change nous risquons de croiser du monde dans ces zones-là. Le pays se développe rapidement depuis son ouverture, les gens ont compris comment cela fonctionnait et tout le monde cherche à avoir sa part du gâteau. Avec un peu de chance le gouvernement Birman arrivera à prendre les choses en mains avant qu’il ne soit trop tard et qu’il y ait trop de disparités entre les classes sociales. Affaire à suivre !

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