Nous voilà désormais en Equateur! Nous allons visiter certaines des plus jolies villes du pays et découvrir ce que la nature y cache en explorant les Galapagos et l’Amazonie (entre autres!).

Cuenca

Après une nuit horrible de bus (voir récit au Pérou), nous voilà dans la jolie ville de Cuenca. Cuenca est une ville dans le sud des Andes Equatoriennes. Cette ville est très réputée pour son architecture coloniale ainsi que pour son artisanat. On y fabrique les fameux chapeaux « Panama ».

Nous décidons de nous rendre dans notre hébergement à pieds car il y a trop de gens qui font la queue pour avoir un taxi et ce n’est pas très loin en fait. Les rues sont désertes mais on sent l’atmosphère qui y règne et cela nous plait. On voit de beaux bâtiments, de très jolies églises et une très belle place.

On arrive à l’hôtel ; une Argentine nous accueille (on l’a tout de suite capté à son accent !). Elle est très sympa et nous propose une meilleure chambre que celle que nous avions réservé. Le bâtiment est typique de la ville, un patio central, un escalier en bois, une verrière en haut. C’est très joli, ça a du cachet. On s’installe, on se repose puis on va prendre le petit déjeuner. Cette fois on se fait servir car nous n’avons rien à manger. Elle nous prépare un bon petit déjeuner qui nous donne encore plus envie de dormir. Du coup on décide de faire une sieste…de deux-trois heures, histoire de récupérer un peu du manque de sommeil (surtout pour moi car je n’ai pas dormi du tout).

Malheureusement quand on se réveille il pleut. Mais bon pas le choix, on se prépare et on sort chercher à manger pour ce soir et demain au marché.

Sur la route on sent les bonnes odeurs de pain. On trouvera une petite boulangerie qui fait des gâteaux…on craque bien sûre !

Le marché, qui s’appelle marché du 10 de Agosto est très sympa. Il y a de superbes fruits et légumes. La section viande ne donne pas envie par contre, on voit la viande qui n’est pas au frais et qui est exposée à tout ce qui traîne. Comme on a envie d’acheter plein de trucs on décide de revenir plus tard et d’aller faire un tour au musée avant.

On passe devant le musée du sombrero (Panama) du coup on va y faire un tour. On voit les phases de fabrication des chapeaux et on peut voir des femmes en fabriquer. Il y a une énorme boutique qui en vend de toutes les formes. Ils sont très beaux ; Quentin se tâte à craquer…à suivre.

On va ensuite au musée des cultures aborigènes. Ce musée contient des milliers de céramiques, poteries et autres objets des diverses cultures équatoriennes. Il est très chouette. On a quelques informations sur les différentes cultures aussi et pourquoi certains des objets étaient réalisés de telle façon. Ils fournissent un fascicule très complet en espagnol mais il nous aurait fallu la nuit pour tout lire.

On se promène ensuite dans les rues, à la recherche de boutiques artisanales mais on ne trouvera rien de très fou. Par contre on trouvera du miel trop trop bon et…du chocolat !

Après la balade on décide d’aller au marché. On achète de quoi faire un super petit déjeuner et un repas ce soir (mais on ne mangera pas…on a mangé trop de gâteaux…). La boulangerie qui se trouve en face du marché fait aussi des sortes de pains au chocolat du coup, Quentin a bien fait comprendre à la dame que nous reviendrons demain !

On rentre tranquillement puis on se reposera jusqu’au lendemain.

Ce matin nous avons décidé de découvrir la ville en faisant un « Free walking tour ». Nous retrouveons le guide sur la place principale. Il fait super beau, ça donne une meilleure impression de la ville (même si avec la pluie nous la trouvions déjà jolie).

Le guide nous expliquera quelques trucs sur l’architecture (il dira que certains bâtiments sont de style français mais on ne comprendra pas trop pourquoi), la colonisation et nous irons au marché goûter des plats typiques.

Après ce petit tour de deux heures nous décidons de repasser par des endroits que nous avions trouvé jolis et nous en profitons pour entrer dans certaines maisons pour y découvrir l’architecture. Les bâtiments sont très beaux, ils ont tous des sortes de patios à l’intérieur.

Nous irons déjeuner au marché, Quentin voudrait goûter le cochon qui a cuit pendant 8h… il se régalera ! moi je me contenterai de patates (je n’ai pas très faim)…et de chocolat 😀 La pluie commencera à tomber (et nous n’avions pas pris nos manteaux) du coup nous attendrons que ça se calme avant de sortir du marché et de retourner chercher nos manteaux à l’hostel.

Après avoir récupérer de quoi se couvrir, nous décidons d’aller visiter un musée. Il y a de nombreuses explications sur les différentes cultures mais il y en beaucoup trop pour que nous restions concentrés jusqu’au bout ! Dans ce musée il y a aussi un site archéologique et une volière avec de superbes oiseaux. Nous passerons bien deux heures à marcher dans le jardin et à profiter du soleil qui a fait son retour.

Après cette visite, nous décidons de passer dans de nouvelles rues et de longer la rivière avant de rentrer. Sur la route nous goûterons une spécialité : « huevitos » (c’est de la pâte frit… très bon !).

De retour à l’hostel nous regarderons un film avant de nous coucher.

Après 30 minutes de taxi depuis Cuenca nous arrivons à Kushi Waira. Cette communauté est constituée de seulement douze familles qui essayent de conserver leurs valeurs traditionnelles et de les faire découvrir à qui désire en savoir plus sur la culture Cañari.

Nous sommes accueillis par Alfonso. Il est très content de nous recevoir et nous invite à découvrir l’itinéraire de la journée dans sa maison traditionnelle. Sa femme, très souriante elle aussi, et habillée de façon traditionnelle, nous apporte un petit verre de « Canelazo », qui est une liqueur traditionnelle de bienvenue faite à base d’alcool de cane et d’épices.

Après cet accueil chaleureux et les explications d’Alfonso, nous entamons la marche pour aller en haut de Ingacuca et Hurcu Achapana : la montagne sacrée qui se trouve juste derrière le cottage et depuis laquelle nous pouvons voir la vallée et les montagnes environnantes. Alfonso nous explique que dans leur culture ils ont tous une petite parcelle de culture de maïs (qu’ils cultivent sans pesticides). Nous voyons de grosses maisons un peu éparpillées. Il nous dit que ce sont les jeunes qui partent à l’étranger et qui construisent de grosses maisons, mais que malheureusement ces gens ne sont plus intéressés par leurs traditions et c’est pourquoi ils essayent de faire en sorte que les enfants du village et d’autres ailleurs connaissent la culture et essayent de préserver les traditions.

Nous suivons ensuite un sentier nommé  »Jambiñan », ce qui signifie sentier de la médecine en Quechua. Alfonso nous montrera quelques unes des 150 plantes médicinales de la petite montagne qui leur sert de pharmacie. Il nous expliquera leurs propriétés curatives, et comment on les utilise (infusions, inhalation…). On retrouvera certaines plantes que nous avions déjà vues au Pérou dans la région Amazonas. Ces plantes sont utilisées par les habitants de la régions depuis des milliers d’années, bien avant la colonisation espagnole.

Il nous montrera également que sur certains arbres nous pouvons trouver des dizaines d’autres plantes. Le vent transportant le pollen sur les troncs. On verra aussi que certaines plantes peuvent pousser de façon différente dans le même environnement.

Arrivés au bout du sentier, nous nous asseyons sur un banc et Alfonso nous pose des questions sur la religion, comment l’église est perçue en Europe etc. Des questions assez profondes qui laissaient sentir qu’il avait encore de la rancœur par rapport à la colonisation et comment elle s’était passée. Il nous explique pourquoi la nature est aussi importante pour eux. C’est vraiment très intéressant.

Après ces réflexions, il nous invite à ôter nos chaussures et à méditer avec lui et à pratiquer les rituels dédiés à Taita Inti (le soleil), Mama Quilla (la lune), Pachamama (la terre mère), Kuillurs (les étoiles), qui sont les Dieux des Cañaris. Nous devons tout d’abord tendre les bras et nous tenir droit pour recevoir l’énergie de la  »Tierra Madre »; fermer les yeux, par respect pour la  »Tierra Madre » et ensuite inspirer par le nez et expirer par la bouche pour purifier notre corps. Nous faisons ensuite des mouvements avec nos mains et nos pieds, puis des sauts. Alfonso récitera des paroles en espagnol que nous répèterons et jouera des instruments.

Après ce moment de méditation unique, nous prenons un autre chemin qui mènera vers une partie de la Route de l’Inca (« Ingañan ») qui mène à Cusco au Pérou. De là nous pouvons voir la vallée et les différentes teintes que prend la terre.

Nous retrouvons la femme d’Alfonso, toujours aussi souriante, et cette fois-ci elle nous apporte le repas traditionnel, que l’on appelle « pampamesa » en Quechua. Alfonso étale un drap blanc sur l’herbe sur lequel il déposera les différents plats (« pollo criollo », « mote casado », « pepa de sambo », « aguitas aromaticas »…), sa femme nous sert de l’eau de pluie sucrée et avant de commencer à déjeuner nous récitons quelques paroles pour remercier la « Tierra Madre » et nous versons un peu de l’eau sur le sol pour partager avec elle. Nous constatons que les repas en Equateurs sont composés de beaucoup de maïs, sous toutes ses formes.

Nous en profitons pour discuter avec eux sur toutes sortes de choses (la contraception en Europe, le fait qu’ils ne soient jamais malade car ils ont un rythme et une nourriture saine, la médication en Europe etc…).

Après ce très bon repas, nous retournons au cottage où Alfonso nous montrera et nous fera une démonstration de nombreux instruments de musique traditionnels. Il nous explique qu’ils les fabriquent dans le village. Il fait partie d’un groupe qui s’appelle  »Kikintaquina » et qui signifie  »Notre musique ».

Après cette démonstration musicale, sa compagne se joint à nous pour nous montrer des danses traditionnelles, pendant que lui jouera de la musique. Nous serons invités à danser avec elle et à partager ce moment sympathique.

Nous irons ensuite tous ensemble dans le jardin faire le jeu qui consiste à bander les yeux de la personne, la faire tourner sur elle-même puis la laisser chercher l’instrument de musique caché à l’aide d’un bâton. Une fois trouvé, si la personne danse bien, elle gagne l’instrument de musique. Nous avons réussi et sommes repartis avec une jolie flute.

Nous rentrons ensuite dans la maison et là Alfonso et sa femme apporte différentes pierres à moudre qui servent à préparer les farines et sauces. Il nous montre comment s’en servir puis nous l’imitons et dégustons ce que nous avons préparés (nous avons mélangé la farine avec du sucre de cane, c’était très bon, et trempé des morceaux de maïs cuit (« mote ») dans la sauce pimentée).

Nous ressortons et ils nous proposent de faire une cérémonie avec des plantes pour nous purifier et enlever les mauvaises ondes. Nous tendons les bras et fermons les yeux pendant qu’Alfonso récite des paroles en espagnol, en tournant autour de nous avec un pot en céramique dans lequel brûlent des plantes aromatiques;  puis pendant qu’il récite d’autres paroles, sa compagne nous « frappe » avec des bouquets de plantes (qui sentaient très bon); puis Alfonso conclure la cérémonie en jouant d’un instrument à vent.

La journée à Kushi Waira se terminera par cette cérémonie, et nous repartirons enchantés de cette rencontre.

De retour à Cuenca, nous irons nous promener et prendre un gros goûter bien sucré avant de rentrer glander à l’hostel.

Cette nuit j’ai super mal dormi à cause de tout le maïs que j’ai mangé la veille (et sans doute aussi à cause du brownie, de la glace, du frappé et du rouleau feuilleté à la confiture…mais ça c’est moins sûre 😀 ). Du coup pas trop envie de bouger en plus manque de bol il pleut des cordes.

On mettre une demi-heure à se motiver pour aller prendre le petit déjeuner. Après ça et quelques appels skype on part voir des villages avec des marchés et de l’artisanat à l’extérieur de Cuenca.

On marche une bonne demi-heure jusqu’au terminal de bus, on grimpe dans un bus super kitsch qui nous amène en 2h30 au village de Sigsig. Première grosse déception, il y a juste un marché de fruits, légumes et viande, et la boutique de panamas est super loin. Du coup on reprend le bus direction Chordeleg, un village qui on l’espère nous remontera le moral.

Une fois arrivés, on reste mouillés car la pluie est toujours présente, et là encore, grosse déception (merci le routard) : marché de bouffe et pas vraiment d’artisanat. On s’attendant à voir des fabricants de hamacs mais en fait il n’y en aura que cinq ou six qui se battront en duel dans quelques minuscules boutiques à touristes. Ce village est réputé pour ses bijoux en or et argent…qui sont trèèèèès loin d’être notre style. On décide d’aller manger au marché. Là par contre belle surprise, on mangera des plats typiques super bons pour seulement 2 USD le menu ! La pub d’un magnum au dulce de leche nous a donné envie de craquer…du coup on trouvera un magnum aux noisettes dans une boutique de bijoux (cherchez l’erreur). La fatigue nous ferra errer dans la ville en racontant n’importe quoi et en nous marrant. Après cette superbe balade on décide de rentrer à Cuenca ; même pas envie d’aller dans un autre village voir les orchidées de peur d’être encore déçue.

De retour à Cuenca, on prend nos billets pour Quito (dans 2 jours) où nous retrouverons Clément et James (trop hâte !!!). C’est dimanche, la ville est peu animée mais il y a quelques boutiques d’ouvertes. On cherche un fromager que nous avions repérer pour se faire des sandwiches pour demain (si la météo est correcte nous aimerions aller faire une randonnée). Le fromage nous coûte un bras (10USD…mais bon, on est français, on en a besoin). Après ce trou dans le porte-monnaie on décide de rentrer rien faire à l’auberge en attendant demain. Ce soir encore je pense qu’on ne dînera pas (on a jamais dîné en fait depuis qu’on est arrivés en Équateur, trop de sucre et de gras dans la journée…).

Aujourd’hui on va visiter Ingapirca. Ce site archéologique se trouve à 2h30 de Cuenca en bus, du coup on se lève tôt.

Pour la petite histoire, c’est le site archéologique pré-colombien le plus important et le mieux conservé d’Equateur. Ce site se trouve dans la province de Cañar. Il a été construit par la civilisation Cañari, puis les Incas sont venus conquérir la région et s’en sont emparé. Ils ont ensuite bâti le temple du Soleil, qui se trouve au centre du site, et c’est alors que ce lieu est devenu un important centre religieux, politique, scientifique, militaire et administratif. Le temple a été édifié avec de la pierre verte volcanique et il est situé sur un talus de forme ovale dont l’axe principal est orienté presque exactement dans une direction est-ouest, où la lumière éclaire chaque angle, de façon à remplir sa fonction culte-administrative. C’est entre le 20 et le 21 juin, jour du solstice d’été, que le soleil atteint son point le plus haut ou le plus bas dans le ciel, et que la durée du jour ou de la nuit est la maxime de l’année; c’est alors qu’est célébrée la fête de Raymi dans le site archéologique. L’Inti Raymi, la fête sacrée en l’honneur de Taita Inti, ou Père Soleil, est célébrée autour de ce complexe archéologique réunissant des centaines de personnes qui célèbrent diverses activités telles que l’élection de Ñusta, les danses folkloriques et la musique Salons andins, gastronomiques et artisanaux.

On va au terminal, on trouve le bus, on monte dedans, puis on somnole pendant 2h30.

Le site est joli et bien conservé en effet. On aura droit à une visite guidée de moins de 45 minutes. Après la visite il y a quelques trucs à voir dans la vallée ; du coup on y va en attendant le bus. Ce n’est pas très foufou mais ça nous fait marcher un peu. Après la balade on voit qu’il y a un musée, nous serons les seuls à le visiter ; c’est bien dommage car c’est assez intéressant, on apprend pas mal de choses sur les Incas en Equateur.

On a faim mais il n’y a rien à manger et on n’arrivera pas avant 16h à Cuenca. On trouve des cookies dont la couleur me dit qu’ils sont un peu périmés…mais bon ils croustillent alors ça passe !

On dormira la plupart du temps sur le chemin du retour. Une fois à Cuenca on va chercher notre petit déjeuner de demain dans notre boulangerie préférée (ses pains au lait sont trop bons !) et on craque pour du pain fourré au fromage…

On rentre à l’hostel se reposer puis ce soir on cuisinera des supers sandwiches toastés au fromage trop bon, avec des œufs et des poivrons…le luxe !

Demain c’est notre dernier jour à Cuenca et on prendra le bus à 23h pour Quito du coup ce soir ça sera Netflix et gros dodo.

Après une belle grasse matinée, des appels skype et un gros petit déjeuner, on décide de sortir. Nous ne sommes pas vraiment pressés car le bus pour Quito n’est qu’à 23h…

On voulait retourner au musée Pumapungo car la dernière fois nous n’avions pas pu voir les têtes réduites. Là vous vous demandez surement de quoi je parle 😀 Alors je vous explique. En Equateur, dans l’Amazonie et non loin de Cuenca, dans la tribue des Jivaros (ou Shuars), pour se venger d’une personne, on l’attaquait en duel. Une fois l’adversaire tué, on le décapitait et on faisait réduire sa tête après approbation du chef de tribue. Le but était d’emprisonner son esprit pour se prémunir de sa vengeance, s’approprier sa force et ses qualités. Parfois les familles des victimes étaient aussi décapitées et subissaient une réduction des têtes pour éviter toute vengeance. Cette pratique a continué jusque dans les années 1960 ! Certaines têtes étaient vendues au marché aux fleurs de Cuenca aux touristes ! Certains collectionneurs et gérant de musées se sont donc fait des petits plaisirs…

Les Shuars croient à trois esprits fondamentaux :

  • Arutam – littéralement « vision » ou « pouvoir », il protège les hommes d’une mort violente mais permet également d’assurer leur survie.
  • Muisak – l’esprit vengeur, il fait surface lorsqu’une personne protégée par Arutam est assassinée.
  • Wakani – inné à chaque humain, c’est lui qui survit après la mort sous forme de « vapeur ».

Une fois la tête décapitée on en fait quoi ? C’est très simple, pour reprendre les explications d’un site internet : « Le scalp est incisé sur la ligne médiane, de la face dorsale du cou jusqu’à la ligne antérieure des cheveux. Les deux moitiés de scalp sont détachées à mains nues. La peau du visage doit être disséquée en un seul bloc. Pour faciliter le détachement, les os de la face sont délicatement brisés. Le décollement de la peau s’effectue à l’aide de bambous aiguisés, coquillages, lames de silex. Les sourcils, le nez, les lèvres, les oreilles sont soigneusement préservées. Un tsanta (réduction de la tête) réussi doit ressembler à la victime de son vivant

Le « masque » est mis à tremper dans une décoction de baies pendant près de deux heures, une prolongation de ce traitement pouvant entraîner la chute des cheveux. À l’issue de cette étape, la peau est sombre et caoutchouteuse, et la taille de la tête a été réduite de moitié au tiers de sa taille originelle.

Le « masque » est retourné afin de pouvoir racler au couteau la chair encore éventuellement accrochée à la peau, puis il est remis à l’endroit et les incisions du cou sont cousues. Les yeux sont ensuite soigneusement cousus et la bouche est sertie à l’aide de pitons en bois, les chountas. Il s’agit de barrer la route aux esprits vengeurs. Le visage et les deux moitiés du scalp sont recousus de la même façon. Le crâne est ensuite jeté à la rivière en tant que présent à la divinité pani, le dieu anaconda. Le tsantsa se présente alors comme une sorte de sac, ouvert sur ce qui a été le cou.

L’opération finale consiste à remplir la tsantsa avec des pierres chauffées. Les pierres sont insérées une à une par le cou et continuellement tournées afin d’éviter de brûler la peau. Lorsque l’on ne peut plus insérer la moindre pierre, du sable chaud est introduit afin de combler les espaces (cette étape devra être reconduite régulièrement). Du charbon est frotté sur l’extérieur du visage afin de lui conférer une certaine étanchéité et de pouvoir modeler la peau. Les cheveux superflus sont brûlés et la tsantsa est accrochée au-dessus d’un feu afin qu’elle soit solidifiée et noircie. Une machette chauffée est appliquée sur les lèvres pour les sécher, après quoi les trois chountas sont retirés et remplacés par des ficelles. Ces processus permettent d’éliminer définitivement les esprits mauvais, en poursuivant la rétraction de la tête.

Lors du dernier jour de la semaine de fabrication, la tête est emportée en forêt pour subir sa première célébration : un trou est effectué sur le haut du crâne, un double kamai est inséré et fixé à un chounta à l’intérieur de la tête, ainsi, la tsantsa pourra être portée sur la tête du guerrier, lui apportant son pouvoir personnel, son arutam (force, courage, sagesse…). Plus le guerrier a de tsantsa, plus il a de pouvoir. ». Voilà, bon ap !

Après cette belle visite nous décidons d’aller visiter un musée que nous avions vu sur la route. Il s’agissait en fait de la restauration de la magnifique maison de l’illustre poète, diplomate et universitaire Cuenca, Remigio Crespo Toral, construite à la fin du XIXe siècle. C’était vraiment bien reconstitué, les meubles, vêtements et décorations étaient vraiment beaux. Il y avait également de nombreux appareils photos d’époque avec quelques superbes photographies. La maison faisait face à la rivière et en bas il y avait une terrasse avec un café. Du coup nous avons décidé de nous arrêter prendre un petit goûter… on avait tellement faim ! (le brownie avec sa glace sont super bien passé avec la bière et le chocolat chaud…). On z dû rester une bonne heure là-bas. On en a profité pour planifier un peu les trois jours à Quito, dont deux avec les garçons.

Après cette petite pause gourmande nous sommes allés acheter des petites figurines que nous avions repéré dans une boutique, puis avons fait une petite halte à la boulangerie (on a pris des pains au lait pour demain matin en cas d’hypoglycémie dans le bus et du pain pour le faire toaster ce soir avec plein de fromage dedans…light quoi !).

On passera le reste de la journée à l’auberge en attendant le bus.

Quito

Après une super nuit dans le bus, on arrive complètement éclatés à Quito. Le terminal est super grand ; on fonce chercher des billets de bus pour aller en Amazonie avec les garçons le 18 mai.

On décide de prendre un bus pour aller à l’hébergement car ce n’est que 0,25USD. On paye dans une machine et là on arrive sur une sorte de plateforme où des centaines de gens font la queue pour monter dans les bus. On ne comprend absolument rien. On demande de l’aide puis une fois dans la bonne file on monte dans le bus et là…c’est l’horreur ! Heure de pointe ! On passera une heure dans ce bus de malheur avec tous les gens qui se poussent, se disputent, s’écrasent. Quand nous devons sortir je hurle ‘’PERMISO !!!’’ mais personne ne bouge. Quentin qui avait mis son sac à dos à terre galère. Du coup pas le choix, j’hurle que nous sommes deux avec de gros sacs et je fonce dans le tas. Je suis vraiment de moins en moins tolérante avec les imbéciles : quelqu’un veut sortir, tu te pousses, et s’il faut tu sors du bus puis tu rentres ! quelqu’un galère à sortir, tu ne te fous pas devant ! Les gens sont cons. C’est comme les gens dans les auberges : il y a une chambre devant un espace commun, tu te la fermes !! ou encore cet américain trop con qui à 5h du matin se faisait ses œufs en sifflant et en mettant sa musique fort (ça n’a pas duré longtemps car je veillais à faire régner le calme…). Les gens sont cons, c’est un fait.

On arrive à l’hôtel en sueur. C’est super mignon. La fille nous attendait (on a réservé au moins 10 nuits chez eux du coup ils se perdaient dans les réservations). On a de la chance car on a la chambre de suite. Du coup on déballe tout (non en fait je déballe tout, comme d’habitude…Sonia, si tu lis cette phrase elle t’es dédicacée :D). On se repose quelques heures puis on sort. On est surpris car en moins de 15min nous sommes dans le centre-ville.

On passe devant un petit commerçant qui vent un truc étrange qui a l’air bon, du coup on goûte et c’est bon J(patate fourrée aux œufs et poulet). On décide d’aller manger au marché mais grosse déception, c’est peu animé et super cher (tout est relatif : 6USD le plat mais on pensait payer 2USD le menu). Du coup on se dirige vers la place centrale et on trouve un petit endroit sympa avec deux plats bons pour 2USD (contents !).

On se promène, les rues sont très mignonnes et colorées, on reconnait l’influence espagnole. C’est assez petit en fait. Du coup on en profite pour aller visiter trois églises.La première étant La Iglesia de El Sagrario. Il s’agit d’une église datant du 16-17ème siècle. Elle est de style colonial et possède un très belle porte en bois. A l’intérieur on trouvera d’énormes boiseries et un très joli dôme.

La seconde sera l’une des plus importantes de la ville : Iglesia de la Compañía de Jesus. Cette église date du 17ème siècle de style baroque latino-américain. Le collège et l’université Saint-Grégoire, dont elle faisait partie, formaient le quartier général de la Compagnie de Jésus dans l’empire colonial espagnol. Elle est considérée comme une des sept merveilles de l’Équateur et est un des monuments les plus visités de la ville de Quito. Sa façade a été taillée dans de la pierre volcanique andine ; à l’intérieur on retrouve un travail impressionnant du bois. Les boiseries sont recouvertes de feuilles d’or (c’est ce qui fait que ça donne une impression vertigineuse lorsque l’on rentre à l’intérieur, c’est très surprenant). a été construite en 1605 par les jésuites, qui ont été expulsés de l’audience royale de Quito en raison de l’édit de l’exil décrété en 1767 par Charles III, roi d’Espagne. Sa construction a duré environ 163 ans et a été abandonnée jusqu’en 1794. Après avoir été confiée aux frères Camilo, la compagnie de Quito a été restituée aux jésuites en 1862, avec l’autorisation du président Gabriel García Moreno. Cette œuvre architecturale monumentale a fait l’objet d’un processus de restauration intégrale depuis les tremblements de terre ayant détruit d’importantes structures telles que la tour en 1868.

La troisième église que nous avons visitée était L’église de San Francisco. Cet édifice date du 16ème siècle ;sa construction débuta en 1550, seize ans après la fondation de Quito par les conquistadors espagnols en 1536, elle fut achevée vers 1680. « Les fouilles effectuées dans l’église de San Francisco ont révélé des trésors pré-inca et coloniaux. Sa structure occupe près de deux blocs, ce qui en fait le plus important de Quito.

Pour la petite histoire, Il existe une légende intéressante avec l’Indien Aunqui Hualca, fils de Hualca, partisan de Rumiñahui, qui était à son tour général des armées d’Inca Atahualpa. L’Indien, dans une phase de malheur, a été accueilli par l’espagnol Hernán Juárez à qui il a servi avec loyauté. À partir de ce moment, l’Indien fut renommé Francisco Cantuña.
Cantuña entreprit de construire l’atrium du temple de San Francisco, mais son temps était court et présentait des difficultés pour terminer dans le délai imparti. Alors il a fait un pacte avec le diable. Cantuña lui donnerait son âme en échange de la construction de l’atrium. Le travail a été retardé d’une nuit et Cantuña n’a pas cessé de prier la Vierge par peur d’être emmenée en enfer. Lorsque le démon est apparu, l’atrium avait besoin d’une pierre. Le pacte a donc été annulé et Cantuña a été libérée. À ce jour, l’atrium de San Francisco manque une pierre.
Selon certaines théories, l’église de San Francisco aurait été construite sur le palais de Huayna Capac, onzième et avant-dernier souverain de l’empire Inca. Selon les chroniques d’antan, les traditions verbales et les témoignages des conquérants espagnols eux-mêmes, dans ce que l’on appelle aujourd’hui le centre historique de Quito, des temples incas ont été construits. Dans le secteur de Panecillo ou de Yavirac, se trouvait le célèbre temple du Soleil orné d’or et d’argent que Huayna Capac avait rapporté de Cuzco.
Dans les jupes de la Pichincha se trouvait le palais des Inca Capachuasi, une construction agrémentée d’avenues de toctes et de fleurs fraîches. À ce jour, le secteur conserve le nom de Toctiuco. Près du palais, mentionné précédemment et où se trouvent actuellement l’église de San Francisco et son couvent, se trouvaient des bâtiments militaires et des maisons des principaux curacas et orejones de l’Empire. En outre, ce qui est maintenant la Plaza de San Francisco était il y a des milliers d’années, car avant la conquête d’Inca, un grand Tianguez, c’est-à-dire un marché, celui-là même qui était le principal de toute la région nord des Andes.
Huayna Capac fut le successeur de Tupac Yupanqui et amoureux de Paccha, fille du dernier Shiry, fusionna son grand empire avec le royaume de Chinchasuyo, la partie nord de leurs domaines. En cela, il reconstruit le temple du soleil, établit son palais et dirige l’empire Tahuantinsuyu.
« À la mort de Huayna-Capac, son corps est allé à Cuzco, tandis que son coeur était à Quito, accompagné de ce qu’il avait le plus désiré de sa vie: son bien-aimé Paccha, son fils bien-aimé Atahualpa et la ville de son réconfort qu’il avait volé l’ancien siège des Incas.

Après ces visites nous continuons de flaner un peu jusqu’à notre rendez-vous avec Léon du blog Tout Equateur. Nous souhaitons le rencontrer car il nous a beaucoup aidé à organiser l’Equateur et nous a aussi donné le contact de notre guide pour l’Amazonie.

Nous avons rendez-vous dans une pâtisserie du centre ville (ça vous étonne ? :D). On commande quelques trucs en l’attendant car nous sommes arrivés super tôt. A 16h ce n’est finalement pas Léon qui arrive mais un jeune homme (de notre âge, dont j’ai oublié le nom mais extrêmement sympathique) qui arrive tout souriant. Nous passerons deux heures à discuter de notre programme. Il nous donnera plein de conseils et de bonnes adresses.

Vers 18h nous rentrons à l’auberge où nous ne ferons pas long feu.

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